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LA MAÇONNERIE À PIERRES SÈCHES À TRAVERS LES ÉCRITS DE LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XXe SIÈCLE
Dry Stone Masonry through the Writings of the Second Half of the 20th Century
Christian Lassure
Avertissement
Ce texte est la suite de l'article « La maçonnerie à pierres sèches à travers les écrits du XIXe siècle », à l'adresse http://pierreseche.chez-alice.fr/ecrits_sur_pierre_seche_1800-1900.htm, ce dernier étant lui-même la suite de l'article « La maçonnerie à pierres sèches dans les écrits des XVIIe et XVIIIe siècles », à l'adresse http://pierreseche.chez-alice.fr/traite_construction_chemins.htm Introduction Dans le domaine de la maçonnerie à pierres sèches (1), une littérature non scientifique à tonalité promotionnelle cherche à répandre l'idée que l'on a affaire à un savoir-faire « ancestral », voire « immémorial », deux qualificatifs bien creux qui amalgament des types différents de maçonneries de pierre et font l'impasse sur les périodes historiques distinctes où elles ont pu être employées. On sait aujourd'hui que le grand mouvement de construction à pierres sèches qu'a connu la France rurale post-révolutionnaire dans le courant du XIXe siècle a commencé à décliner vers 1880 sous les coups de l’exode rural et des maladies de la vigne et s’est arrêté après l’hécatombe de la Première Guerre mondiale. On peut donc se demander par quel miracle ce prétendu « savoir-faire ancestral ou immémorial » serait parvenu jusqu'à nous. Quand l'ethnologue provençal Pierre Martel abandonna la construction de son premier « cabanon pointu » à Bonnechère (Alpes-de-Haute-Provence) en novembre 1967, il eut ces paroles révélatrices : « J'ai renoncé à le terminer car il n'aurait pas tenu. C'est à ce moment précis que j'ai compris pourquoi plus personne n'en faisait : les techniques avaient été perdues » (cf Charles Ewald, À construire vous-même, le "cabanon" romain, dans La revue des bricoleurs, bricole et brocante, No 11, septembre 1973, pp. 54-64, citation p. 56). Si les techniques s'emploient à nouveau dans notre pays, c'est parce qu'elles ont été retrouvées dans les soixante-quinze dernières années par des chercheurs et des passionnés grâce non seulement à des tentatives de construction ou de restauration mais aussi à l'observation minutieuse des vestiges encore accessibles (murs de clôture, murs de séparation, murs de soutènement, échaliers, escaliers volants, tas d'épierrement parementés, renfoncements muraux, cabanes à murs porteurs et à voûte encorbellée ou clavée, aiguiers, affûts de chasse, parcs d'estives, bergeries, granges-greniers, tunnels de carrier, mines, puisards, chemises de puits, perrés, montjoies, tours de berger, etc.). Les règles de la maçonnerie à sec telles que nous les connaissons aujourd'hui, ont été mises par écrit par des passionnés, notamment ceux dans la mouvance du Centre d'études et de recherches sur l'architecture vernaculaire (CERAV) (2) : Christian et Jean-Michel Lassure, Michel Rouvière, Pierre Haasé, Benoît Delarozière, François Véber, Jean-Luc Obereiner, Martine Seeman, Georges Desneiges. (1) La maçonnerie à pierre sèche inclut la maçonnerie à pierres crues ou écrues (le matériau y est employé brut) mais exclut la maçonnerie à joints vifs (en réalité une maçonnerie de pierres de taille sans mortier) ainsi que la maçonnerie à mortier d'hirondelle (c'est-à-dire de terre sans liant), et enfin le caladage, appellation méridionale du pavage (les pierres sont fichées dans un bain de terre ou de mortier). (2) Pour ce qui concerne mes connaissances, elles viennent de l'observation et du relevé de vestiges en pierre sèche dans une dizaine de départements du Midi de la France (e Lot, la Dordogne, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Loire, la Saône-et-Loire, l'Ardèche, la Drome, le Vaucluse, le Gard, les Alpes-de-Haute-Provence.), travaux complétés par des enquêtes auprès de paysans et de maçons ainsi que par la lecture de la bibliographie française et étrangère disponible sur le suet, notamment le manuel en anglais d'Alan Brooks, Dry Stone Walling, a Practical Conservation Handbook (The British Trust for Conservation Volunteers Ltd, London, 1977, 120 p.), paru en 1977 (car il faut savoir qu'à la différence de la France, la Grande-Bretagne avait su sauver de l'oubli les techniques de ce qu'on appelle dry stone walling en Angleterre et dry stone dyking en Écosse). * * * C'est en 1952, à Londres, que paraît le tout premier manuel sur la construction de murs en pierre sèche. Son auteur est écossais et de langue anglaise. Cela ne veut pas dire qu'il n'y avait rien sur le sujet auparavant : quelques rares auteurs lui avaient déjà consacré un passage ou un
chapitre dans un ouvrage plus lgénéral. Citons : (3) La haie pierrée, en anglais stone hedge, est une haie formée d'une levée de terre à parement simple ou double de pierres sèches. Frederick Rainsford-Hannay –
Dry Stone Walling, 1952 Cet ouvrage précurseur du colonel britannique Frederick Rainsford-Hannay (références complètes : Dry Stone Walling, Faber and Faber Ltd., London, 1952, 109 p., 4 fig., 17 pl. h. t.) évitera à la technique de sombrer dans l'oubli en Grande- Bretagne.
Une nouvelle édition voit le jour 20 ans après, en 1972 (Dry Stone Walling, Stewartry of Kircudbright Drystane Dyking Committee, Cally Estate Office, Gatehouse-of-Fleet, 1972), puis, en raison du succès de cette deuxième édition, une troisième édition en 1976. Dans celle-ci, la préfacière se réjouit du fait qu'au moment où elle écrit, la construction de murs de pierre sèche n'est plus un art moribond : « Dry Stone Dyking is fortunately at present no longer a dying Craft » (dyking étant le synonyme écossais de walling).
Sous sa forme ultime, le livre de Rainsford-Hannay est pour l'essentiel une étude des aspects historique, géographique, géologique, économique et même littéraire des murs de pierre sèche des îles britanniques, les chapitres de nature technique étant bien moins développés : 3 - Merits of Dry Walling, les avantages de la maçonnerie sèche mais aussi ses inconvénients (drawbacks) ; Signalons également le chapitre 20, intitulé Dry Stone Walls Abroad, qui passe en revue les murs de pierre sèche dans diverses régions du monde (Corse et Riviera méditerranéenne, Madère, Afrique de l'Ouest et Canada), et le chapitre 21, qui est consacré aux Dyker Poets (poètes murailleurs) (4). (4) Pour la petite histoire, nous avons signalé l'existence de ces poésies au murailleur Terry McCormick, initiateur et compilateur de Dry Stone Walling, an anthology of international writing from the past and present for the future.(anthologie des œuvres littéraires, poétiques et artistiques liées à la construction de murs secs). * * * Curtis P. Fields – The Forgotten Art of Building a Stone Wall, 1971 En 1971, les États-Unis d'Amérique voient la parution de leur tout premier manuel de construction à sec, sous la plume d'un autodidacte du nom de Curtis P. Fields : The Forgotten Art of Building a Stone Wall, An Illustrated Guide to Dry Wall Construction (Vermont, USA), Yankee inc., Dublin, New Hampshire, 1971. En haut de la page de titre, l'auteur a ajouté la précision suivante : Practical ways of how to build a tailored stone wall without the use of mortar (Méthodes pratiques pour construire un mur de pierres fait sur mesure sans utiliser de mortier). L'auteur, devenu en 1938 propriétaire d'une ancienne ferme près du village de Woodstock dans l'État du Vermont (Nouvelle Angleterre), consacre son temps libre à la restauration des murs de clôture écroulés dans les anciens champs. La pierre, qui est du micaschiste, se fend et se pose bien. Notre murailleur étatsunien met à profit l'expérience acquise dans le remontage et l'amélioration de ces murs pour mettre au point un manuel destiné aux passionnés comme lui. L'ouvrage sera un succès de librairie.
Le sommaire très détaillé de l'ouvrage permet de se faire une idée de l'intérêt du contenu. 1re partie – Observations of safety. The necessity of taking proper precautions while working with stones. (Considérations sur la sécurité. La nécessité de prendre certaines précautions lorsqu'on travaille avec des pierres.) 2e partie – Finding and working with stones. How to locate stones, split them into desirable size, and move them. 3e partie – Building new stone walls. Practical methods of constructing new walls, both curved and straight, with consideration given to using guide lines, drainage, keeping stones level, building corners, gates, steps and stiles.
4e partie – Rebuilding old walls. Some of the problems encountered in reconstructing neglected stone walls and foundations. Annexe – A handy list of wall building tools and equipment. All of them helpful and most of them essential. * * * John Vivian – Building Stone Walls, 1974 Trois ans après The Forgotten Art of Building a Stone Wall, an Illustrated Guide to Dry Wall Construction de Curtis P. Fields, la bibliographie du sujet s'enrichit, en 1974, d'un autre manuel dont l'auteur, John Vivian, s'adonne lui aussi à la maçonnerie sèche dans le Vermont : Building Stone Walls, Storey Publishing, LLC, (Pownal, Vermont), 1974 (hardcover edition), 112 p. La première édition, qui est à couverture cartonnée, est suivie en 1976 d'une édition à couverture souple (paperback edition).
L'intitulé des chapitres est court et sibyllin en comparaison du titre à rallonge des différentes parties du manuel de Curtis P. Fields : L'introduction cerne plus précisément le sujet : comment bâtir, à la force des bras, des murs en pierre sèche, sans une once de mortier, comme il en existe des milliers de kilomètres dans la campagne de la Nouvelle Angleterre (mile on mile of stone walls running through our New England countryside). Il s'agit de murs champêtres, non porteurs, destinés à la clôture. Dans le chapitre Kinds of Stone, on apprend qu'en Nouvelle Angleterre, les glaciers du Pléistocène ont laissé différents types de pierre exploitables : pierres éruptives (granite, basalte), pierres sédimentaires (grès, schiste, calcaire), pierre métamorphiques (marbre, schiste, gneiss). Sous l'en-tête Equipment, John Vivian examine la pléiade d'outils dont un maçon à pierre sèche a besoin pour accomplir les diverses tâches de la construction d'un mur, à savoir creuser la terre, transporter des blocs, dégrossir ou ébaucher des pierres, les sculpter, se protéger le visage des éclats, soulever des pierres, mesurer le mur, en vérifier l'aplomb : une brouette de jardinier (garden cart) en forme de caisse rectangulaire pouvant être relevée à la verticale pour y pousser des pierres, un mètre à mesurer (yardstick), un écheveau de fil solide (hank of stout cord), des piquets (stakes), un cordeau à tracer (chalk line), un fil à plomb (plumb bob), un niveau de maçon (mason's level), un pied-de-biche en acier (steel crowbar), une barre levier (pry bar), un levier à pince (pinch bar), une houe-piochon (hoe/pick), des bastaings (thick planks), des tubes en fer pour servir de rouleau (iron pipes to serve as rollers), des lunettes de protection (safety gogles), un jeu de marteaux de maçon et de géologue (set of mason's and geologist's hammers), des ciseaux à pierre, simples, à pointe, à dents (rock chisels, plain, point, toothed). Le chapitre Laying out the Walll préconise le traçage du mur dans sa longueur et sa largeur à l'aide de piquets et de corde. Au cas où une portion du mur serait incurvée, de la corde épaisse, voire un tuyau d'arrosage feront l'affaire. L'assiette du mur et ses abords immédiats doivent être débarrassés de tout arbuste ou de toute souche qui risqueraient de soulever le mur ou de le déjeter. Si le mur envisagé est bas, il peut être bâti à même le sol : au bout de quelques semaines les pierres, s'enfonceront d'elles-mêmes. Si le mur doit être de qualité, il est préférable d'enlever la terre superficielle et la découverte pour assoir solidement les fondations. Dans Le chapitre Above Ground Building, l'auteur examine la construction du mur au dessus de la semelle de fondation (footing). Les repères (guidelnes) sont placés au niveau du sommet de ce qui sera la première assise hors sol. Ce niveau doit correspondre à la hauteur moyenne des pierres les plus épaisses et les plus lourdes qui lui sont réservées (on évitera ainsi de faire des efforts pour les hisser plus haut que nécessaire). Les pierres plates et d'épaisseur uniforme sont réservées au couronnement sauf si elles sont trop lourdes. On place en parement le côté le plus étroit et le plus plat de chaque pierre. Si une pierre branle sur celle du dessous, il vaut mieux la régulariser avec un outil que de la caler avec de petites pierres. L'auteur insiste sur la nécessité de vérifier la bonne horizontalité des lignes repère ainsi que le bon alignement de chaque assise à l'aide d'un niveau et d'une règle (tout doit être d'équerre). La vérification du fruit de chaque parement se fait à l'aide d'un fil à plomb (plumb bob). Il aborde également le risque des joints montants en succession, ou coup de sabre (vertical fissure) dans les murs de pierres bien plates, énonçant la règle impérative d'une pierre sur deux autres. Si plusieurs coups de sabre se suivent, ils constituent un point faible pour le mur et entraîneront sa dislocation. L'auteur en vient finalement à la liaison (ou le liaisonnement) (tying in) des parements opposés entre eux, conseillant de placer perpendiculairement au mur (en boutisse) une pierre longue tous les 6 ou 8 pieds (1 m 80 ou 2 m 40) d'intervalle, et cela de chaque côté et en alternance. Pour les extrémités du mur (Ends), il préconise de placer les pierres les plus longues dans le sens du mur. Pour les angles (Corners), il recommande d'alterner boutisses et panneresses et de veiller à mettre une pierre sur deux autres pour éviter les joints montants (les piles d'assiettes). Il indique également la bonne façon, pour le murailleur, de soulever une pierre : non pas debout, en arquant le dos (lifting with back) mais un genou en terre (lifting with arms and legs), en maintenant la pierre contre sa poitrine avec les bras. Il explique ensuite comment extirper une grande pierre du sol au moyen de deux leviers et d'une planche, pour ensuite la déplacer sur le sol à l'aide d'une chaîne et de rouleaux en bois et enfin la hisser sur le mur grâce à une rampe en bois. Dans le chapitre Using Not-So-Good Stone, John Vivian examine le type de maçonnerie sur lequel se rabattre lorsqu'on dispose autant de petites pierres arrondies que de pierres plates quadrangulaires : la pierraille, bien calée, ira entre les deux parements, avec une parpaigne insérée tous les 1,80 m en alternant les parements. Il évoque aussi la solution du pendage vers l'intérieur (down-and-in slant), les pierres arrondies alternant avec les pierres plates,d'une assise à l'autre, ce qui contrarie leur glissement vers l'extérieur. En matière d'évacuation des eaux (chapitre Drainage), l'auteur conseille de taluter la base du mur avec de la terre ou des déblais (spoil) de façon à écarter rapidement l'eau de pluie de la base du mur. Si le mur est bâti perpendiculairement à la pente du terrain, il recommande de creuser en amont un fossé (drainage ditch) qui conduira l'eau de ruissellement plus loin. Dans Special Walls , l'auteur se penche sur Au sujet de ces derniers, John Vivian prodigue plusieurs conseils : La section Wall Furniture aborde les dispositifs destinés à faciliter (pour les humains) ou à entraver (pour les bêtes) le franchissement d'un mur en pierre sèche, à savoir : En matière d'extraction de pierres (chapitre Quarrying), John Vivian examine divers moyens, en particulier celui du classique fendage de grands blocs à l'aide d'une série de coins (wedges). Pour le transport des pierres, il évoque le traineau en bois (the stone boat). Dans le chapitre Mortar, il met en garde contre l'emploi de mortier sec, prêt à l'emploi et sans sable ni ciment, dans les vides d'un mur de pierre sèche : du fait des hivers rigoureux de la Nouvelle Angleterre, ce mortier se désagrègerait rapidement. Si l'on choisit de jointoyer les parements d'un mur avec du mortier sec, il convient de donner à chaque jointoiement une pente oblique (down and out slope) et non pas verticale afin que l'eau puisse mieux s'écouler. Pour finir, John Vivian consacre quelques lignes à l'entretien du mur (chapitre Maintenance). Il préconise l'arrachage de toutes les plantes grimpantes et arbustes ayant pris racine dans le mur pour éviter qu'ils ne disjoignent les pierres petit à petit. De même, il recommande d'empêcher la marmote d'Amérique (woodchuck) de faire son nid dans un mur à deux parements et fourrure de blocaille. Voilà un point de vue qui va à l'encontre de la thèse promotionnelle du mur de pierre sèche source de biodiversité. * * * Jean Vivian – Murets et allées de pierres sèches, 1979 Curieusement, une adaptation en français de Building Stone Walls de John Vivian (1974, cf supra), a été publiée chez Berger-Levrault en 1979, sous le titre Murets et allées de pierres sèches, ce qui en fait le tout premier manuel en français à être publié par une maison d'édition ayant pignon sur rue. Si à l'époque il n' a fait guère parler de lui, aujourd'hui il est quasiment tombé dans l'oubli. Le nom de la collection où l'ouvrage s'inscrit (« Le berger vert »). l'inclusion des termes « murets » et « allées » dans le titre, les dessins de couverture représentant un muret où pendent des plantes en fleur (cachant mal quelques joints montants), un escalier transversal de trois marches, une sente dallée en opus incertum aux joints herbeux, des outils basiques de maçon et de tailleur de pierre, autant d'éléments qui évoquent l'aménagement d'un jardin d'agrément à l'aide d'éléments en pierre sèche ou en dallage. De fait, une place est accordée à la fin de l'opuscule à deux chapitres inédits, « Les murets fleuris » et « Les allées de pierres », propres à intéresser davantage les amoureux des jardins que les apprentis murailleurs.
Alors que le livre en anglais contenait 112 pages, son avatar en français monte à 63 pages seulement. De même, certains chapitres à part entière du premier livre ont été transformés en sous-chapitres dans le second. La plupart des dessins au trait sont conservés mais les photos sont absent in translation. Le chapitre « Les différentes sortes de pierres » se rapporte non plus à l'État américain du Vermont mais à la France et à sa géologie. L' « Iintroduction » du livre anglophone se mue en « Des pierres qui durent », titre qui fait penser davantage aux pyramides d'Égypte qu'à de simples murets de champ ou de jardin bâtis sans le bénéfce du liaisonnement procuré par un mortier à liant.
On retrouve grosso modo les chapitres de Building Stone Walls :
• Equipment devient « L'équipement et le matériel », avec comme sous-sections : • « Où trouver des pierres », chapitre qui, dans le livre en anglais, se trouve paradoxalement en antépénultième position sous le titre « Quarrying » ; • « La construction d'un muret », texte qui regroupe plusieurs sections traitées séparément dans le livre : • Drainage est simplement « Le drainage » ; • Special Walls devient « Les murs particuliers », avec comme sous-section « Les murs de soutènement » ;
• Wall furniture devient « Les murs aménagés », dont,
• Mortar se change en « L'emploi du mortier » ; • Maintenance se mue en « L'entretien d'un mur », avec comme sous-sections : En définitive, Jean Vivian a concocté, pour un public francophone, un manuel digeste, teinté de jardinique (4). (4) Ou « nouvel art des jardins », néologisme fabriqué par le vicomte de Viart dans son livre Le jardiniste moderne.paru en 1827. * * * Dans les années 1970, en France, le savoir-faire des bâtisseurs de l’âge d’or est déjà oublié lorsque commence à se manifester, chez les générations de l’après-guerre, un intérêt non seulement pour l’étude et la préservation des vestiges matériels où ce savoir-faire s’était concrétisé mais aussi pour la redécouverte et la vulgarisation des techniques de construction à sec. Charles Ewald – À construire vous-même, le "cabanon" romain, 1973 (bâtisseur : Pierre Martel) En septembre 1973, le journaliste Charles Ewald publiait, dans le No 11 de La revue des bricoleurs, bricole et brocante (pp. 54-64), un article intitulé « À construire vous-même, le "cabanon" romain », compte rendu des deux expériences de construction expérimentale d'une cabane de pierre sèche de plan circulaire et à toit, conique conduites en 1967 et 1971 à Bonnechère dans les Alpes-de-Haute-Provence par l'ethnologue provençal Pierre Martel, lequel cherchait jà retrouver les règles La première tentative se solda par un échec : la cabane, en cours d'édification, s'effondra à mi-hauteur en raison d'une méconnaissance des règles de la maçonnerie sèche, notamment l'absence de boutisses dans la maçonnerie du corps de base. Après avoir démantelé ce premier cabanon qui n'aurait jamais tenu, notre bâtisseur, bénéficiant des conseils de quelques anciens ayant des connaissances en maçonnerie de pierre, mena à bien la construction d'un deuxième cabanon. Le corps de base de l'édifice est cylindrique (diamètre extérieur : 5,56 m ; hauteur : 1,80 m) avec un fruit marqué pour la paroi extérieure. Le couvrement est conique, culminant à environ 4,00 m, épi compris, et débordant à sa base par un larmier. La cellule est circulaire (diamètre intérieur : 3,70 m). Elle comporte les aménagements suivants : deux niches, un regard, une cheminée.
Si l'article de Charless Ewald est davantage un compte rendu qu'un manuel de construction à pierre sèche, il apporte toutefois une série de recommandations de base dont la pertinence et l'utilité ne se sont pas démenties depuis. Nous les avons pour notre part décrites dès 1980 dans notre « Bibliographie analytique et critique de l'architecture rurale en pierre sèche de Provence », parue dans L'Architecture vernaculaire rurale, suppl. No 2, 1980, pp. 100-102. Pour information : 1 - sélection de pierres non gélives et bien plates ; 2 - rangement préalable des pierres par ordre d'épaisseur, par section de 8 cm, de 10 cm, de 12 cm, etc., et, à l'intérieur de chaque section, par ordre de largeur et de longueur ; 3 - creusement d'un anneau de fondation de 60 cm de profondeur et de 2 m de largeur pour la constitution d'un socle de gros blocs ; 4 - érection, au centre de l'édifice, d'un mât autour duquel tournera une ficelle comportant deux nœuds à son extrémité, le premier pour le rayon intérieur, le second pour le rayon extérieur ; raccourcissement progressif de la corde à chaque nouvelle rangée de pierres au niveau de la voûte ; 5 - assemblage des pierres de manière qu'il n'y ait jamais deux séparations à l'aplomb l'une de l'autre, c'est-à-dure que le centre d'une pierre coïncide avec la jointure de deux autres (sinon, ouverture de l'assemblage) ; 6 - abstention de l'emploi de « mitraille » pour combler les vides (sinon glissement de la « mitraille » vers le bas et apparition de failles) ; 7 - placement de boutisses à intervalles réguliers dans la maçonnerie (une au m2), de façon à constituer des « clés » ; 8 - disposition du plus petit côté des pierres dans le parement, la plus grande dimension étant placée dans le sens de l'épaisseur du mur ; 9 - utilisation, au niveau de la rupture de pente (à 2 m du sol), de pierres plates très larges en saillie extérieurement (sablières) ; 10 - aménagement d'un plancher avec trappe sur des poutres encastrées (à 1,80 m de hauteur), de manière à avoir un échafaudage où poser le matériau et travailler ; 11 - établissement de banquettes provisoires à l'intérieur et à l'extérieur pour avoir de bons appuis sous les pieds; utilisation d'une échelle (de 8 m) pour la réalisation du haut de la toiture depuis l'extérieur ; 12 - choix de très belles pierres bien équarries et ne bougeant absolument pas pour les chambranles de l'entrée. Pierre Martel lui-même a livré, en 1985, son témoignage sur les péripéties de ses deux chantiers dans Pierre sèche en Provence, livre co-écrit avec Pierre Coste (L'histoire complexe d'un simple cabanon. Témoignage de Pierre Martel sur le cabanon pointu de la Bonnechère, dans Les Alpes de lumière, No 89-90, 1er et 2e trimestres 1985, pp. 61-88). * * * Christian Lassure – « La tradition de la petite architecture rustique en pierre sèche du Lot : ses dernières manifestations (1860-1975) », 1976 (bâtisseur : Élie Puech) Autre tentative de renouer avec la maçonnerie en pierre sèche, celle d'Élie Puech, maçon et tailleur de pierre à Aujols, dans le Lot, chargé, en 1966-1967, d'édifier un bâtiment voûté en pierre sèche au-dessus de l'orifice de deux puits à eau contigus sur une propriété privée à Pouzergues. Le récit de ce chantier nous a été livré en 1975 par le maçon lui-même, lors d'un entretien chez lui, pour être publié en 1976 dans une revue locale, sous le titre « La tradition de la petite architecture rustique en pierre sèche du Lot : ses dernières manifestations (1860-1975) » (Quercy-Recherche, No 13, août-septembre 1976, pp. 4-7). Commencée à l'hiver 1966, la construction se fit par petites étapes si bien que ce n'est qu'au printemps 1967 qu'elle fut achevée. Le matériau employé provenait de vieilles étables ou écuries. Bien que de récupération, il était de bonne qualité. En raison de la gêne à travailler sur l'orifice des puits, la construction se fit depuis l'extérieur, exception faite de la base des édicules. Pour obtenir le diamètre intérieur, le maçon eut l'ingéniosité de recourir à une roue de charrette, se servant en outre d'une jauge pour garder une épaisesur de paroi régulière. Afin d'éviter toute monotonie, deux formes distinctes furent choisies, l'une cylindro-conique, l'autre en ogive. Pour les parements, un équarrissage à coups de marteau s'avéra nécessaire de façon à obtenir des moellons réguliers, arrondis légèrement sur leur face visible. Malheureusemen, faute d'une fondation assez profonde, les deux édifices ne résistèrent pas aux mouvements du sol – gonflement au gel, aplatissement au dégel – accompagnant l'hiver quercinois : les maçonneries se mirent à jouer, entraînant le murage des accès par des planches ou des panneaux de bois. Des conversations que nous avons eues avec des maçons et des paysans du Lot lors de campagnes de relevés et d'enquêtes orales conduites dans les années 1970, s'est degagé un premier aperçu des procédés permettant de bâtir une cabane en pierre sèche à toiture conique. Il convenait tout d'abord d'élever la base verticale de l'édifice jusqu'à la hauteur de l'entrée, cela à l'intérieur du cercle figurant la future cellule et où un pivot en bois était fiché verticalement. Deux corfeaux formant gabarits, l'un pour la paroi intérieure, l'autre pour la paroi extérieure, venaient s'articuler autour du pivot, tournant et montant en même temps que s'élevait la paroi verticale. Pour obtenir l'aplomb extérieur, un simple fil à plomb suffisait. Au sommet du mur cylindrique on plaçait plusieurs poutres sur lesquelles étaient posées des planches, formant un échafaudage d'où édifier le couvrement. Pour obtenir l'oblique ou la courbe intérieure, il suffisait de faire un nœud à une corde à chaque tour. Pour obtenir l'oblique extérieure, on se contentait d'un cordeau mobile relié au somnet du mât. Si le toit devait être particulièrement élevé, on faisait un second échafaudage un peu plus haut de manière à pouvoir achever la voûte. Une fois l'édifice terminé, les poutrelles, encastrées dans les parois, restaient en place. La disposition des lauses de la couverture devait répondre à deux règles impératives, d'une part celle de l'imbrication horizontale, nécessaire pour limiter les infiltrations de l'eau de pluie, d'autre part celle de l'inclinaison vers l'extérieur, indispensable pour empêcher l'eau de pénétrer à l'intérieur : ainsi donc, en plaçant des pierres plates à l'imitation des tuiles à crochet, on réduisait au minimum le nombre de gouttières et on dirigeait vers l'extérieur l'écoulement des leaux. * * * Juan Bassegoda Nonell – Constructiones rusticas : como hacer una barraca de viña, 1976 (bâtisseur : Antonio Muntadas Pascual) À l'instar de la France, le désir de retrouver les techniques de construction de murs porteurs et de voûtes en pierre sèche s'est manifesté en Espagne avec l'édification par un paysan catalan, Antonio Muntadas Pascual, d'une cabane de vigne (barraca de viña) en 1976. Sous le titre Constructiones rusticas : como hacer una barraca de viña, La
Vanguardia Espanola (Barcelone) du 18 avril publie un article de Juan Bassegoda Nonell décrivant l'édification en l'espace d'une journée (de 8 h du matin à 6 h du soir) d'une petite barraca d'un type très répandu dans les zones pierreuses du Penedès et Conca d'Odena. Les différentes étapes de la réalisation
de ce type d'abri sont les suivantes : * * * Christian Lassure – Essai d’analyse architecturale des édifices en pierre sèche, 1977 En 1977, l’auteur de ces lignes publie un Essai d’analyse architecturale des édifices en pierre sèche, dans le premier supplément à la revue L'Architecture rurale en pierre sèche créée la même année. Il s'agit non pas d'un manuel technique à proptement parler mais d'une description architecturale de murs et de bâtiments voûtés qui a été réalisée à partir d'observations et de relevés faits sur le terrain de 1970 à 1977. L'ouvrage bénéficie de l'apport de l'ingénieur des travaux publics Jean-Luc Obereiner pour ce qui concerne la statique des voûtes.
Après une introduction mettant l'accent sur l'originalité des bâtiments en pierre sèche et la nécessité d'une étude sérieuse de leurs caractéristiques architecturales, un premier chapitre est consacré à la maçonnerie à sec (définition, origine, mise en œuvre et traitement du matériau). Ensuite, l'attention se porte, dans un deuxième chapitre, sur les principes et morphologies respectives de la voûte encorbellée (dite aussi voûte auto-clavée) et de la voûte clavée en pierre sèche, ainsi qu'à leur statique. Le troisième chapitre se concentre sur la nomenclature propre aux édifices en pierre sèche à travers l'examen détaillé d'une cabane à voûte d'encorbellement et à couvrement conique de lauses. Enfin, l'outillage du constructeur de bâtiments en pierre sèche est décrit dans un quatrième chapitre. La même année voit la publication par moi-même et Geroges Depeyrot, d'un Projet de construction expérimentale de cabanes en pierre sèche, dans le tome 1 (1977) de la revue L'Architecure rurale en pierre sèche (CERAR, Paris, pp. 154-158 + 3 figs. h. t.). Il sera repris en 1986 dans Cabanes, casèles et gariotes du département du Lot, articles de revues publiés e 1974 à 1986, L'Architecture vernaculaire, suppl. No 4, 1986, 113 p., pp. 51-57. Idem en 1996 dans Construire et restaurer à pierre sèche, L'Architecture vernaculaire, t. XX, p. 5-11. * * * Alan Brooks – Dry Stone Walling, a Practical Conservation Handbook, 1977 La même année, en Grande-Bretagne, Alan Brooks publie Dry Stone Walling, a Practical Conservation Handbook (The British Trust for Conservation Volunteers Ltd, London, 1977, 120 p.), ouvrage de synthèse faisant office à la fois d'historique de la construction de murs en pierre sèche et manuel de construction, vingt ans après Dry Stone Walling, l’ouvrage précurseur du colonel Rainsford-Hannay, et un an après la troisième réédition de celui-ci.
Pour compiler cette somme remarquable pour l'époque, l'auteur s'est servi de nombreuses sources dont il dresse la liste en fin d'ouvrage, dans la section « Bibliographie ». Elles relève de cinq grands types : Si l'on ordonne chronologiquement les seules sources centrées sur l'art de la pierre sèche et ses manifestations au Royaume-Uni, on obtient un tableau de l'état des connaissances dans ce domaine au moment de la parution du livre : La table des matières du livre à elle seule témoigne de la richesse informative de celui-ci, chapitre après chapitre : Si l'on examine les différentes sections du chapitre 1, on trouve : Le chapitre 2, Dry Stone Walls and Conservation, examine les points suivants : Dans le chapitre 3, Walls and the Law, l'auteur se penche sur les questions suivantes : Le chapitre 4, Safety, Equipment and Organization, aborde les aspects suivants : Dans le chapitre 5, Know Your Stone, les points suivants sont développés: Le chapitre 6, Building a Free-Standing Wall – la partie la plus technique du manuel – distingue douze rubriques : Dans le chapitre 7, Retaining Walls and Stone Hedges, Alan Brooks aborde les sujets suivants : Enfin, les sous-sections du chapitre 8, Wall 'Furniture' and Special Applications, ont pour titres
: Il ne fait pas de doute que la somme remarquable constituée par Alan Brooks sur l'art de la pierre sèche en Grande-Bretagne a grandement contribué à mettre cette technique à la portée d'un grand nombre d'amateurs et de chercheurs. Pour faire connaître son travail de synthèse,
j'ai pour ma part, au fil du temps, traduit en français et mis en ligne plusieurs passages sur pierreseche.com ou dans la revue L'Architeture vernaculaire : - (en 1983) les murs de soutènement du Yorkshire et de l'Écosse (dans L'Architecture vernaculaire, suppl. No 3, 1983 + http://www.pierreseche.com/murs_de_soutenement.htm),
* * *
Construire et restaurer à pierre sèche (Christian Lassure dir.), 1996
(mur porteur, mur de soutènement, voûte encorbellée ou clavée - France) L’intérêt pour l’histoire et les techniques de « la pierre sèche » se renforce dans les années 1980 et 1990 à travers la multiplication d’articles scientifiques et de manuels.
En 1996, le Centre d'étude et de recherche sur l'architectre venaculaire publie, dans le tome XX de sa revue L’Architecture vernaculaire, la toute première somme sur le sujet en France : Construire et restaurer à pierre sèche (Christian Lassure
dir.), L’Architecture vernaculaire, t. 20, 1996, CERAV, Paris, 129 p.
L'ouvrage reprend les articles sur la restauration et la construction de structures en pierre sèche qui ont été confiés à la revue pour publication de 1977 à 1996. Il comporte trois chapitres : * * * Richard Tufnell – Murs de pierres sèches. Manuel pour la construction et la réfection, 1996 La même année, en Suisse, Richard Tufnell (avec Frank Rumpe, Alain Ducommun, Marianne Hassenstein) commet un petit manuel pour bâtir et remonter des murs sans mortier, intitulé dans sa version française Murs de pierres sèches. Manuel pour la construction et la réfection, et dans sa version allemande Trockenmauern: Anleitung für den Bau und die Reparatur.
L'auteur principal, Richard Tufnell, un instituteur écossais, doublé d'un murailleur, s'était fait connaître, à partir de 1990, dans le milieu des spécialistes britanniques de la maçonnerie à sec, grâce à une série de fascicules édités par The Dry Stone Walling Association of Great
Britain :
Building and Repairing Kentucky Rock Fences À cette série, il faut ajouter d'une part un manuel un peu plus étoffé que les précédents et édité outre-Atlantique par The Drystone Masonry Conservancy, Inc., Lexington-Kentucky : en collaboration avec William Holmes pour les dessins, Carolyn Murray-Wooley et Ron Garrison pour les photographies, Building and Repairing Kentucky Rock Fences, Drystone Masonry Conservancy, Inc., Lexington-Kentucky, January 1st, 1995 (4e réédition en 1998, 33 p.),
et d'autre part le résultat d'une excursion dans l'univers des murets, bordures et dallages de jardin : Ce sont les trois petits fascicules cités plus haut qui fourniront la matière première du manuel publié sous le auspices de la Fondation Actions en Faveur de l'Environnement. Le texte sur les techniques de construction y est de Richard Tufnell et Franck Rumpe, celui sur les aspects écologiques est d'Alain Ducommun, l'introduction étant de Marianne Hassenstein. On y apprend qu'il existe en Suisse des centaines de kilomètres de murs de pierre sèche mais qu'ils sont en piteux état car depuis la fin des années1950 les agriculteurs ne peuvent plus les entretenir faute de temps et de personnel et les spécialistes capables d'initier d'aures personnes à l'art de la pierre sèche ne sont plus légion en 1996. Le guide d'initiation de Richard Tufnell aborde les points suivants (hors considérations patrimoniales et écologiques) : * * * Christian Lassure, Essai d'analyse architecturale des édifices en pierre sèche, réédition, 1998 L'année 1998 voit la réédition de mon Essai d'analyse architecturale des édifices en pierre sèche paru en 1977 dans le supplément No 1 de la revue L'architecture rurale en pierre sèche (voir supra). Du fait de l'épuisement de ce supplément dès la fin des années 1970, les chercheurs nouveaux venus dans la discipline ne pouvaient tirer parti des enseignements de cette étude fondamentale. Cette réédition constitue le numéro 18 de la série Études et recherches sur l'architecture vernaculaire éditée par le CERAV (centre d'études et de recheches sur l'architecture vernaculaire).
Pour mémoire (voir supra), l'ouvrage comporte cinq chapitres : 1/ Introduction - 2/. La maçonnerie à sec - 3/ La voûte encorbellée et la voûte clavée en pierres sèches - 4/ Étude architecturale d'un spécimen de construction à voûte de pierres sèches encorbellées de plan circulaire et à couvrement conique ; 5/ L'outillage du constructeur de bâtiments en pierres sèches. * * * Elizabeth Agate, Sean Adcock – Dry Stone Walling, 1999 En 1994, 22 ans après sa première édition, le livre fondamental d'Alan Brooks, Dry Stone Walling (voir supra), a fait l'objet d'une révision complète de la part d'Elizabeth Agate et Sean Adcock et mis gratuitement à la disposition du public sur la Toile. Selon la présentation qui en est faite, ce manuel pratique indique comment construire et remonter les murs en pierre sèche, les talus de terre à revêtement de pierre, les murs de soutènement et autres constructions. Il aborde également les questions d'histoire, de sauvegarde, de sécurité, d'outillage et d'organisation ainsi que les aspects juridiques propres à ces murs. Il est destiné aux bénévoles du patrimoine et à toute personne souhaitant apprendre l'art de la maçonnerie à pierre sèche. * * * Michel Rouvière – La restauration des murs de soutènement, 2002 En 1979, fort de ses racines paysannes ardéchoises, Michel Rouvière publiait, dans la revue L’Architecture rurale (devenue en 1980 L’architecture vernaculaire), un article intitulé « L’aménagement des terrasses agricoles dans la région de Vinezac (Ardèche) », dont on peut penser qu’il n'a pas peu fait pour le développement remarquable que connut l’étude des terrasses agricoles en France dans les années 1980. Autre temps fort dans les travaux de Michel Rouvière, la publication en 2002 du manuel La restauration des murs de soutènement dans la série « Les cahiers pratiques » du Parc National des Cévennes. L’auteur passe de l’étude historique des murs de soutènement à la redécouverte et la vulgarisation des techniques de maçonnerie sèche permettant leur restauration. L'ouvrage s'articule autour de quatre grands chapitres : 1/ l'état des lieux, 2/ l'organisation du chantier, 3/ le remontage du mur, 4/ les aménagements complémentaires. Photos couleurs, dessins didactiques à la plume, aquarelles, viennent à l'appui du texte. Précision : cet ouvrage a bénéficié des conseils et des relectures de l'auteur du présent article.
* * * Enfin, le tournant du XXIe siècle voit la parution de deux manuels de construction à pierre sèche réalisés par mes soins : - Construire une cabane en pierre sèche : mode d’emploi, Études et recherches d’architecture vernaculaire, No 20, 2000, 36 p. (réédité en 2008),
S'y ajoute un Vocabulaire de la maçonnerie à pierres sèches, 3e édition d’un lexique publié initialement – sous une forme abrégée et non illustrée – en septembre 1999. Désormais publié dans sa version entière dans le cadre de la série « Études et recherches d’architecture vernaculaire » du CERAV, ce vocabulaire comporte 226 rubriques et 59 illustrations photos noir et blanc de l’auteur ou de Dominique Repérant, dessins au trait ou à la plume de l’auteur ou de Michel Rouvière. Il constitue le complément lexical et didactique du manuel Comment construire une cabane en pierre sèche publié dans la même série. Les termes couramment rencontrés en maçonnerie à pierre sèche y font l’objet d’une définition ou d’un développement qui en éclairent et illustrent le sens.
Leur matière servira à composer le livre La pierre sèche : mode d'emploi (72 p.), paru aux éditions Eyrolles en 2008 et réédité en 2012, 2014 et 2016. * * * Au début du XXIe siècle, la diffusion de l'art de la construction à pierrres sèche s'acccélère grâce à l'internet et à la publication de nouveaux manuels, mais c'est une autre histoire.... À SUIVRE
© Christian Lassure Référence à citer / To be referenced as :
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